LOUISE PELTZER : M. du Prel est un personnage hors
du commun … A travers sept nouvelles, l'auteur met en
scène autant de situations et de personnages caractéristiques
de nos îles, le beachcomber qui s'accroche désespérément
à son affaire en faillite quasi permanente frôlant
l'imposture culturelle pour se maintenir coûte que coûte
sur les lieux et qui finalement, à son insu, devient l'acteur
central de sa tragédie ; c'est désopilant
et pathétique tout à la fois.
[…]
En matière d'épilogue,
l'ouvrage se termine par une courte histoire intitulée
symboliquement « La clé » et qui
dénonce l'absurdité, au nom d'une soi-disante modernité,
des règles administratives inadaptées à
la Polynésie. Toutes ces histoires sont racontées
avec beaucoup de charme, d'humour et de gentillesse, mais ce
qui est remarquable, c'est la justesse des propos et des situations.
M. du Prel est un des rares auteurs à avoir compris l'âme
polynésienne, du moins sur ce qui nous est donné
de lire où je n'ai décelé aucune fausse
note. C'est si exceptionnel que cela mérite d'être
signalé. Derrière l'histoire proprement dite, le
lecteur s'en rendra vite compte, l'auteur évoque des problèmes
plus graves, la difficulté du dialogue entre communautés
d'origines différentes, la nécessité de
conserver les valeurs polynésiennes non seulement pour
le charme des relations humaines, encore d'une exceptionnelle
qualité sur le Territoire, mais par hygiène mentale.
Laissons le copier-coller à la mode informatique, remettons
la bonne serrure à sa place.
Je ne crois pas qu'il soit dérisoire
d'évoquer des problèmes aussi graves par le biais
de bonnes histoires, je crois à la puissance de la littérature
pour convaincre mieux que ne le font les colloques, conférences
et autres débats. Un ouvrage donc à mettre entre
toutes les mains, quelles que soient ses origines et ses opinions,
et qui pourrait servir utilement de bréviaire au nouvel
arrivant.
Extraits d'un commentaire
recueilli sur le site Tahiti-Livres.