Jonathan Swift

Les voyages de Gulliver

Flammarion - G.F., 969

Paris, 1997

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Les voyages de Gulliver / Jonathan Swift ; présentation, note et chronologie par Alexis Tadié ; trad. par Guillaume Villeneuve. - Paris : Flammarion, 1997. - 421 p. : cartes ; 18 cm. - (G.F., 969).
ISBN 2-08-070969-0

ÉMILE MICHEL CIORAN : Les seules utopies lisibles sont les fausses, celles qui, écrites par jeu, amusement ou misanthropie, préfigurent ou évoquent les Voyages de Gulliver, Bible de l'homme détrompé, quintessence de visions non chimériques, utopie sans espoir. Par ses sarcasmes, Swift a déniaisé un genre au point de l'anéantir.

« Histoire et utopie », Paris : Gallimard (Folio/Essais), 1992

WALTER SCOTT : Robinson Crusoé racontant des évènements bien plus près de la réalité, n'est peut-être pas supérieur à Gulliver pour la gravité et la vraisemblance du récit. Toute la personne de Gulliver est décrite avec tant de vérité, qu'un matelot soutenait qu'il avait bien connu le capitaine Gulliver, mais qu'il demeurait à Wapping et non à Rotherhithe.

Préface aux « Voyages de Gulliver », in Francis Lacassin (éd.), « Voyages aux pays de nulle part », Paris : Robert Laffont (Bouquins), 1990.

ROGER NIMIER : L'homme fait, troisième étape après l'Homo faber et l'Homo sapiens, se laisse porter par son temps. Il se place au milieu du courant et il salue majestueusement le rivage, déjà figé, cette Histoire universelle qui lui paraît être son histoire. La mort l'avale au milieu d'un discours.

Quelques autres, dont Swift, ne se laissent pas prendre aux malices du temps. Loin de s'évader ils remontent le courant, s'ils le peuvent, ils tentent d'atteindre les îles privilégiées. L'auteur de Gulliver ne voulait pas mourir et il devint fou pour échapper sans doute à cette vision. L'éclat de rire se termine ou plutôt continue en folie. Où les hommes se résument en quelques formules d'adieu (…), Swift tombe en mille morceaux. Il n'est plus rien pour ses contemporains. Il est tout entier à ses personnages miraculeux, Messieurs les géants, Mesdemoiselles les naines, Messieurs les chevaux, Messieurs les enfants à venir — roi d'une création désordonnée, mais qui vaut bien après tout celle que les hommes attribuent injustement à Dieu. Dieu créateur de Swift et non pas de la terre qui n'est que du sable et marque le temps.

« L'Élève d'Aristote », Paris : Gallimard, 1981

COMPLÉMENT BIBLIOGRAPHIQUE
  • « Travels into several remote nations of the world … by Lemuel Gulliver », London : Benj. Motte, 1726
  • « Voyages du capitaine Lemuel Gulliver en divers pays eloignez », La Haye : P. Gosse & J. Neaulme, 1727
  • « Voyages de Gulliver dans les contrées lointaines », in Voyages aux pays de nulle part, textes recueillis et présentés par Francis Lacassion, Paris : Robert Laffont (Bouquins), 1990

mise-à-jour : 6 mars 2012

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