Mœurs et coutumes
des anciens Maoris des îles Marquises / Louis Rollin. -
Papeete : Stepolde, 1974. - 282 p. : ill., cartes ;
20 cm.
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Le livre du docteur Rollin est
précis, bien documenté. Après les premiers
missionnaires et Max Radiguet,
c'est un des rares auteurs francophones à livrer une description
aussi claire de l'ancienne société marquisienne
et une analyse convaincante de son évolution dans la première
moitié du vingtième siècle. On peut considérer
qu'il abuse du parallèle entre les Marquisiens et les
anciens Grecs ou les Celtes : quelles conclusions pratiques tirer
d'une quelconque similitude entre certains motifs ornementaux
marquisiens et les signes gravés « sur les
pierres levées des cromlechs de l'îlot Gavrinis
du golfe du Morbihan » ?
Mais par ailleurs, le docteur
Rollin s'appuie fréquemment sur ce parallèle un
peu forcé pour un sain exercice d'autocritique ; sous
sa plume « sauvages » et « barbares »
semblent soudain mieux répartis dans les deux hémisphères : « Leur barbarie, cannibalisme à part,
n'excédait pas celle des anciens Romains qui, à
l'apogée de leur civilisation, se complaisaient aux horribles
jeux du cirque. Elle ne dépassait pas non plus celle de
nos arrière-grands-pères qui se donnaient rendez-vous
place de Grève à Paris, capitale du monde civilisé,
pour voir rouer, brûler, écarteler des misérables
aux chairs pantelantes, aux membres brisés, déjà
martyrisés par la féroce question, et cela à
l'époque même où Cook visitait Vaitahu (1774),
promulguant au feu de ses mousquets notre incontestable supériorité
morale ».
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NOTE DE L'ÉDITEUR : Le Dr Rollin, bien connu dans tout
le Pacifique, avait fait fonction d'Administrateur aux îles
Marquises pendant six années.
Préoccupé par le
dépeuplement des îles (la population était
passée de 20 200 habitants en 1842 à 2 080 en 1926),
le Dr Rollin obtint un redressement démographique radical
par un effort personnel intensif. En 1956, la population était
remontée à 3 936 habitants. Passionné par
les Marquises, fréquentant assidûment les familles
indigènes, on peut dire que l'action du Dr Rollin a aidé
puissamment à la renaissance d'un peuple à l'agonie.
Auteur de nombreux travaux scientifiques
sur le traitement de certaines maladies infectieuses, le Dr Rollin
s'intéressait également à l'ethnographie.
Nombres d'antiquités marquisiennes exposées au
Musée du Trocadéro [Musée de l'Homme] avaient
été collectées par lui.
Le Dr Rollin avait découvert
des idéogrammes marquisiens identiques à ceux de
l'île de Pâques.
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| EXTRAIT |
Quand on faisait la guerre aux
anciennes Marquises on rentrait chez soi chaque soir pour reprendre
le combat au petit jour le lendemain ; quand un homme était
par hasard abattu, on chantait victoire et on organisait bien
vite une fête pour la célébrer. Tout ce qui
était jeune (kaioi) guerroyait par plaisir, comme on va
à la chasse ; c'était un simple jeu, un sport.
Il n'y avait pas chez eux de fournisseurs s'enrichissant
de la souffrance de ceux qu'ils envoient se battre pour conserver
leurs biens et leur gagner des fortunes. Dulce bellum inexpertis.
Les Blancs se sont imposés
aux Marquises comme ailleurs beaucoup plus par la force que par
la supériorité morale. Un voyageur [Max Radiguet]
appelle les Marquisiens les derniers sauvages. Pourquoi
sauvages ? les mots ont-ils perdus toute signification ?
On appelle habituellement sauvages les individus qui vivent
à l'écart, sans lois ni demeures fixes et qui fuient
la société. Qui reconnaîtrait là les
anciens Marquisiens si accueillants, si polis, si bien organisés
socialement ?
L'ancienne civilisation marquisienne, p. 252
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COMPLÉMENT
BIBLIOGRAPHIQUE
- « Les îles
Marquises : géographie, ethnographie, histoire, colonisation
et mise en valeur », Paris : Sté d'éditions
géographiques, maritimes et coloniales, 1929
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| mise-à-jour : 11 avril 2005 |

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