Jacques Lacarrière

Ce que je dois à Aimé Césaire, avec des dessins de Wifredo Lam

Bibliophane - Daniel Radford [mail]

Paris, 2004

bibliothèque insulaire

    

Martinique
parutions 2004
Ce que je dois à Aimé Césaire / Jacques Lacarrière ; dessins de Wifredo Lam. - Paris : Bibliophane-Daniel Radford, 2004. - 88 p. : ill. ; 18 cm.
ISBN 2-86970-089-X

Jacques Lacarrière (1925-2005) évoque la découverte qu'il fit, en 1947, du « Cahier d'un retour au pays natal » 1 … et le bouleversement qui s'en suivit : « je me mis aussitôt à feuilleter le livre et sentis très vite en tout mon corps les mêmes effets, oui, exactement les mêmes effets que ceux d'une piqûre de guêpe, un jour de canicule : brûlure, rougeur et tremblement » (p. 14).

Pour donner la juste mesure du saisissement éprouvé en cette occasion, ce n'est pas vers l'Archipel égéen que se tourne Lacarrière mais, appliquant à la lettre le programme du poète, vers les paysages ligériens de sa propre enfance, revus et magnifiés par ceux qu'il nomme les Renaissants : Ronsard, Du Bellay, Maurice Scève.

En effet, pour Lacarrière, l'auteur du « Cahier d'un retour au pays natal » est d'abord un poète de la langue française — d'une langue française régénérée : « Dompteur de laves, le poète, Régisseur d'éruptions, Régent des éclosions, Magellan des petits matins, Commandeur des métamorphoses » (p. 29).

Quand elle est portée à ce degré d'incandescence, la poésie peut se voir assignées les plus hautes ambitions : « Héraclite disait (…) que les hommes, lorsqu'ils dorment et rêvent, collaborent fraternellement au devenir du monde. Ici, Césaire nous dit avec d'autres mots que ce devenir du monde est bien l'affaire de toutes les consciences humaines et polychromes » (p. 74).


  1. Sur l'historique des différentes éditions du « Cahier d'un retour au pays natal », cf. Kora Véron et Thomas A. Hale, « Les écrits d'Aimé Césaire : biobibliographie commentée (1913-2008) » (2 vol.), Paris : Honoré Champion (Poétiques et esthétiques XXe-XXIe siècles), 2013
EXTRAIT

Je ne cessais de m'étonner que ces mots surprenants — dont beaucoup m'étaient inconnus — ces images sensuelles et somptueuses, ces déchaînements et ces déchirements du langage, cette écriture aux limites de l'incandescence, de l'éruption verbale, que tout cela ait été dit, écrit, proclamé, déclamé dans ma langue, une langue parfaitement, éminemment reconnaissable et maîtrisée mais comme renouvelée, je dirais même régénérée, une langue-sœur venue des antipodes.

pp. 21-22

COMPLÉMENT BIBLIOGRAPHIQUE
  • Jacques Lacarrière, « L'été grec », Paris : Pocket (Terre humaine poche, 3018), 2006

mise-à-jour : 17 juillet 2013

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