Barlen Pyamootoo

Bénarès

Éd. de l'Olivier

Paris, 1999

bibliothèque insulaire
   
Maurice, Rodrigues, Chagos, …

parutions 1999

1ère édition du Prix du Livre Insulaire (Ouessant 1999)
ouvrage en compétition
Bénarès / Barlen Pyamootoo. - Paris : Éd. de l'Olivier, 1999. - 90 p. ; 19 cm.
ISBN 2-87929-210-7

NOTE DE L'ÉDITEUR : Parce qu'il gagne une grosse somme d'argent aux cartes, un jeune homme propose à son meilleur ami de se rendre en ville pour ramener deux femmes.

Tel est le point de départ de ce livre singulier, situé à l'île Maurice, et qui, sans jamais recourir à l'exotisme, noue avec le lecteur un lien d'une bouleversante simplicité.

Barlen Pyamootoo, éditeur, est né à l'île Maurice. Bénarès est son premier roman.

LE POINT, 13 mars 1999 : Dans ce récit qui se passe à Bénarès, à l'île Maurice (et pas en Inde !), il n'y a aucune volonté de couleur locale, aucun exotisme du vocabulaire. Un champ de cannes, des maisons inhabitées, un lagon et un pêcheur qui marche sur le chemin pour venir voir son ami, le narrateur : voilà pour le décor et les personnages, et ça suffit pour qu'on y soit, sans se poser de questions.

Les sentiments eux-mêmes ne sont pas mis en scène avec emphase, mais on sent l'affection entre les deux hommes. Dès lors, on les suit, alors qu'ils vont en ville dépenser leur argent avec des femmes qu'ils chercheront à ramener au village. Ils auront du mal à trouver des volontaires, car Bénarès est loin dans la campagne. Ils finiront quand même par en trouver deux, et, dans la voiture qui les ramène au village, ils parleront tous les quatre, les deux amis et les deux femmes, la vieille et la jeune, et évoqueront l'autre Bénarès, celui qui est fameux.

Christophe Mercier

EXTRAIT

Je leur parlais du moulin et de la route qui y mène. De l'immensité des champs et des toits de quelques maisons qui dépassent les cannes. De la mer au loin et du ciel immense aussi. Puis je leur parlais du village lui-même. De l'école, de la boutique et des maisons qui sont si loin de la mer. Et des gens bien sûr, comment ils vivent et ce qu'ils font comme métiers et du temps qu'ils passent à ne rien faire, parce qu'il ne se passe pas grand-chose à Bénarès … Par moments, j'étais tellement assailli de questions que je ne savais plus quoi leur répondre, j'avais l'impression d'avoir tout dit, alors je mentais, j'inventais des paysages, c'était aussi pour qu'ils fassent travailler leur imagination à eux. Je leurs parlais du ciel quand il y a de l'orage, quand il crève en éclairs comme un abcès, ou de la mer en été, comment on la regarde quand il n'a pas plu depuis des mois, quand il n'y a que du soleil toute la journée, et je disais combien elle ressemble alors à un immense miroir, elle brille et renvoie au ciel …

pp. 77-78

COMPLÉMENT BIBLIOGRAPHIQUE
  • Barlen Pyamootoo et Rama Poonoosamy (éd.), « Maurice : le tour de l'île en quatre-vingts lieux », Port-Louis (Maurice) : Immedia, 1994
  • Barlen Pyamootoo, « Le tour de Babylone », Paris : Éd. de l'Olivier, 2002
  • Barlen Pyamootoo, « Salogi's », Paris : Éd. de l'Olivier, 2008
  • Binita Mehta, « Memories in/of Diaspora : Barlen Pyamootoo's Bénarès (1999) », L'Esprit créateur, Vol. 50, N° 2, Summer 2010 (pp. 46-62)

mise-à-jour : 31 août 2010

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