Depuis sa parution en 1788, Paul
et Virginie s'est vendu à vingt-cinq millions d'exemplaires ;
c'est l'un des plus grands succès de l'édition
française, mais on ne le lit plus guère aujourd'hui.
Les Fleurs du mal, ou le Spleen de Paris, figurent
aussi, et plus durablement, parmi les chefs-d'œuvre de la littérature
française.
Bernardin de Saint-Pierre et
Baudelaire ont puisé, une part de leur inspiration, à
l'île Maurice où pourtant l'un et l'autre ont échoué
par hasard, ont séjourné peu de temps (18 jours
pour Baudelaire, moins de 30 mois pour Bernardin de Saint-Pierre)
et où aucun des deux n'a remis le pied ultérieurement.
Gérard Nirascou, s'appuyant
sur des études connues de rares spécialistes, enquête
sur ces deux aventures parallèles ; il explore les
paysages qui ont leur ont servi de cadre, esquisse les traits
d'une société bigarrée.
Il n'est pas certain que ce regard
curieux incite à lire ou à relire Paul et Virginie ;
la poésie de Baudelaire, en vers ou en prose, peut au
contraire y gagner un regain d'attention.