NOTE DE L'ÉDITEUR : La littérature de la diaspora
haïtienne voit le jour avec le départ forcé
de nombreux intellectuels, notamment vers l'Europe, l'Afrique
et l'Amérique du Nord à partir des années
1960. L'arrivée dans le nouveau milieu nourrit un imaginaire
urbain qui prend de plus en plus de place dans l'écriture
des romanciers. Par sa configuration, les signes qui lui sont
propres et les différences culturelles qui la séparent
du lieu d'origine, la ville d'accueil est une révélatrice
de l'exil et de l'identité. Le rapport ainsi établi
avec l'espace urbain est double : d'une part, la ville de
la migration est lue, habitée, réinventée
à la lumière de la perte de la ville d'origine,
d'autre part, la dimension symbolique et fictive de cette ville
haïtienne se trouve accrue ou ravivée au contact
de la ville européenne ou nord-américaine.
Cet essai se présente
comme un parcours de lecture à travers des œuvres romanesques
d'écrivains nés en Haïti, mais qui écrivent
à l'extérieur de leur pays d'origine : Jean
Métellus, René Depestre, Jean-Claude Charles, Gérard
Étienne, Dany Laferrière et Émile Ollivier.
Chaque chapitre, conçu comme une monographie, contient
un aperçu de la biographie de l'auteur étudié
et une analyse qui suit à la trace l'évolution
de sa pensée et de sa vision de l'espace urbain.
La conclusion comprend une synthèse
des principales étapes de cette étude. De plus,
elle met en lumière des points de convergence malgré
la grande diversité qui existe entre les auteurs. Finalement,
elle pose la question de l'avenir de la littérature de
la diaspora haïtienne.