1ère édition du Prix du Livre Insulaire
(Ouessant 1999)
ouvrage en compétition |
Takata d'Aïmos
/ Jean Mariotti ; éd. présentée par
Bernard Gasser. - Nouméa : Éd. Grain de sable,
1999. - 196 p. ; 22 cm. - (Oeuvres complètes
de Jean Mariotti).
ISBN 2-84170-045-3
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NOTE DE L'ÉDITEUR : La Grande Terre, il y a cent millions
d'années …
Le takata Miskannah, sorcier
des Aïmos, rêve de remplacer le Grand Sorcier Banou.
Il le suit jusqu'aux pierres taboues des Hommes Rouges …
C'est là la récit
de l'éternelle quête de puissance de l'homme et
de son échec devant les forces occultes qu'il ne peut
maîtriser.
Pauvre takata ! Cours
dans l'immensité des nuits à la recherche de ton
être dispersé. Accroche-toi à toi-même !
Les forces mauvaises vont t'arracher de toi atome par atome.
Tes angoisses aveugles, tes épouvantes avides de rencontres
apaisantes ne se retrouveront plus ; tu seras mille fois
seul dans les ténèbres et souffrant mille fois
l'angoisse de ta chair en poussière envolée.
Cet ouvrage d'une étrange
vérité rappelle combien Jean Mariotti a su intérioriser
le passé d'un peuple et l'inscrire au cœur de l'humaine
réalité.
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NOTRE
LIBRAIRIE, n° 134, mai-août 1998 : Avec Takata d'Aïmos
(1930), Mariotti a fait un pas remarquable dans la littérature
de Nouvelle-Calédonie : c'est la première
fois que des Mélanésiens sont les personnages principaux
d'un roman.
Ce « miracle littéraire »,
Jean Mariotti l'explique par sa double appartenance au monde
mélanésien et au monde blanc.
Liliane Laubreaux, « L'écrivain
calédonien face à sa terre natale : Jean Mariotti
et Nicolas Kurtovitch »
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| EXTRAIT |
Quel ancêtre avait choisi
ce lieu pour emplacement de la tribu ? On ne savait. Depuis
des siècles, les guerriers des Wanékoutes naissaient
à l'ombre de ces cocotiers, perpétuaient au long
des rives sableuses le geste des aïeux, et leurs os allaient
reposer dans la grotte rocheuse épaulée à
la montagne, à moins que le destin ne donnât à
leur chair un estomac pour tombeau.
En cet immuable décor,
la vie se continuait, toujours semblable à elle-même ;
son flux et son reflux, d'une indolence pareille à celle
du grand Pacifique, suivaient un rythme lent. Le guerrier nonchalant
éclos sous le soleil des grèves et bercé
par l'Océan, avait limité son univers à
son île et sa patrie à sa baie. Comme Dieu, il était
à lui-même son principe et sa fin.
Don'go concevait l'avenir sous
la forme figée du présent : des pirogues aux
lourdes voiles traçant leur sillon d'argent sur la baie
pailletée de lumière. Là-bas, sur la couronne
miroitante des récifs, des pêcheurs errant parmi
les madrépores. Ici, guerriers au repos et popinées
jacassantes. Le passé revêtait, pour Don'go, cette
même forme. Mais, sur le tableau, couraient en ombres floues
des figures de légende qui en prolongeaient la perspective
déformée. Passé ou avenir, l'image n'était
que virtuelle, latente, rarement réalisée.
p. 74
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COMPLÉMENT
BIBLIOGRAPHIQUE
- « Takata d'Aïmos »,
Paris : Flammarion, 1930 ; Nouméa : Sté
d'études historiques de la Nouvelle-Calédonie,
1995
- « À bord de
l'Incertaine », Nouméa : Grain
de sable, 1996
- « Les contes de Poindi »,
Nouméa : Grain de sable, 1996
- « Remords »,
Nouméa : Grain de sable, 1997
- « Daphnée »,
Nouméa : Grain de sable, 1999
- « Le dernier voyage
du Thétis », Nouméa : Grain
de sable, 2000
- « Le livre du centenaire »,
Nouméa : Grain de sable, 2001
- « sans titre (poèmes) »,
Nouméa : Grain de sable, 2001
- « Nouveaux contes
de Poindi », Nouméa : Grain de sable,
2002
- « Toghi »,
Nouméa : Grain de sable, 2003
- « La conquête
du séjour paisible », Nouméa :
Grain de sable, 2003
- « Prisonnier du soleil »,
Nouméa : Grain de sable, 2004
- « Tout
est peut-être inutile », Nouméa :
Grain de sable, 1998
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