Miroirs de
textes : récits de voyages et intertextualité [actes du
11ème Colloque du CRLV : Nice, 5-7 septembre 1997] /
études réunies et présentées par Sophie
Linon-Chipon, Véronique Magri-Mourgues et Sarga Moussa ;
[sous la responsabilité scientifique de François
Moureau]. - Nice : Publications de la Faculté des lettres,
arts et sciences humaines de Nice ; Paris : CRLV-Sorbonne,
1998. - XXXII-409 p. : ill. ; 24 cm.
ISBN 2-910897-61-3
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NOTE DE L'ÉDITEUR
: Se promener dans le monde, se promener dans les textes …
Le
récit de voyage convoque à la fois le souvenir du
périple en terre étrangère pour un public
« resté au pays » et les ouvrages que les
précédents voyageurs ont laissés dans leur
sillage. Les jeux intertextuels qui en découlent
éclairent ce principe de récriture aux multiples
facettes, principe spécifiquement littéraire dont le
récit de voyage ne fait pas l'économie. En effet, ce
genre dit référentiel vise en théorie la
transparence du discours sur l'Autre, mais, tout en cherchant à
célébrer la surprise de la nouveauté absolue ou
personnelle, il s'inscrit nécessairement dans le parcours de
textes antérieurs.
L'espace à décrire est
toujours, pour le voyageur muni d'un bagage culturel, saturé de
signes — textuels ou iconiques. Dès lors, comment
s'étonner que le Voyage relève moins du document que de
la littérature ? L'intertexte n'est pas qu'un
écran : il est aussi la condition même de
l'écriture du monde.
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Fondamentalement
discours sur l'Autre, regard sur l'hétérogène, le récit de voyage offre
(…) la perspective exaltante et démultipliée de l'ouverture sur les
discours des autres. Pourtant, il est tiraillé entre deux extrêmes : le
voyage livresque qu'il effectue le constitue en genre littéraire mais
le détourne de sa mission première et heuristique, qui est de rendre
compte du monde nouveau découvert, sinon du monde à nouveau parcouru.
La « traversée de l'écriture » (Sollers) brouille l'itinéraire
référentiel. Ainsi, alors même qu'il est ancré dans le réel, le récit
de voyage — genre dit « factuel » (Genette) — entretient des liens avec
la fiction. On ne peut faire l'économie de ce paradoxe, dès lors qu'on
étudie le récit de voyage dans sa dimension intertextuelle, et non pas
comme un récit « transparent », simple reflet des mondes parcourus.
extrait de la Préface |
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SOMMAIRE
(extraits) |
- Préface de
Sophie Linon-Chipon, Véronique Magri-Mourgues et Sarga
Moussa
- Bibliographie sélective de quelques
études récentes sur la littérature de voyage,
les voyageurs, l'imagerie culturelle et l'exotisme …
- Alain Blondy (Univ. de Paris-Sorbonne,
Paris IV), Le voyage et les aventures de Carasi à
Malte, d'après « L'Ordre de Malte dévoilé »
(1790), p. 229
- Yasmine Marcil (E.H.E.S.S.), Tahiti
entre mythe et doute : les comptes rendus du récit de
voyage de Bougainville, p. 257
- Jean Balcou (Univ. de Bretagne Occidentale,
Brest) : « Journal des îles » de Segalen, un moyen de
métier, p. 283
- Sonia Faessel (Univ. Française
du Pacifique, Nouméa), Entre récit de voyage
et littérature : le cas de Tahiti, p. 305
- Odile Gannier (Univ. Française
du Pacifique, Papeete), D'Haïti à Tahiti :
Amérindiens et Polynésiens, p. 323
- Eric Fougère (Univ. Française
du Pacifique, Nouméa), Regard insulaire et théorie
du monde : sur Charles Darwin, « Voyage d'un naturaliste … » (1839),
p. 341
- Bertrand Westphal (Univ. de Milan), Vénus
dans un miroir brisé : perception littéraire de
Chypre au XXe siècle, p. 377
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| mise-à-jour : 17 septembre 2011 |

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