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Je suis content de l'écoute
innocente de celui qui ne nous impose pas ses faux
problèmes. Puissé-je écrire en anglais et porter
notre voix au monde …
Je ne parle pas créole
pour l'étranger réuni avec nous sur ce
bout de monde du bout du monde.
— mais même à celui qui comprend le français,
mon texte ne reste-t-il pas hermétique ? —
Le chant des îles a bien
changé, me diras-tu, toi, l'étranger,
mais je ne suis pas le premier à ne plus peindre
l'île paradisiaque, l'Eden antique, le jardin vert, la terre
première aux végétations luxuriantes.
Si par contre, je pouvais être
le dernier à parler de la sorte … Serait-il
possible qu'une ère nouvelle commence ?
Il ne faut plus nous croire opprimés, les fantômes
ont été libérés, les visages de
Desbassin ne viendront plus nous hanter. Comme il y
a de la place pour l'île dans le cœur de chacun,
il y a de la place pour chacun dans le cœur de cette
île.
Selon les limites de
la mer.
Graffiti & Freestyle — Discours du 19 décembre
1998, pp. 41-42
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