| FRANÇOIS
BOGLIOLO |
[…]
« Black et Blanc »
ne donne jamais gris mais engendre une énergie « d'action »,
entame un voyage jusqu'à … comme celui qu'éclaire
Kenneth White, poète à l'esprit nomade.
Bref, l'artiste de l' « avec » pratique
l'art de la (re)composition, recyclage dynamique, évidemment.
Tout dans cet ouvrage se fait « avec »,
puisque nous avons le compte-rendu de 45 expositions « collectives »
et les mille et une façons de mettre les matériaux
en relation ou de traduire des influences. Quelque soit l'Un,
c'est ainsi que l'on arrive à l'Autre ou que l'Autre arrive
vers Soi.
Tout expérience de l'Autre
est universelle, n'empêche qu'en Calédonie elle
a drôlement brouillé le for intérieur. Or,
voilà un livre de surface, où les installations
s'étalent avec audace, un livre qui n'oublie pas tout
à fait les racines (le peut-on ?) mais s'en extirpe
en choisissant l'écorce, celle du « niaoulissons-nous ! »
Et puis, rincez-vous l'œil, cet ouvrage qui a de l'âme
affiche « le nu » — il était
temps !
N'oublions pas pour cela l'objectif,
le « passage » : le nouveau « dehors »
relève moins de l'espace que du temps. Penser le temps,
un dehors qui s'impose à tous, c'est penser l'Autre, en
Calédonie plus qu'ailleurs avec le fameux « accord ».
Au diable le moi-je d'un XIXe
qui n'en finissait plus, triste jeu isolé ; car,
dépassant une mondialisation quelconque, écarté le
bon vieux consensus, voilà qu'est née une nouvelle forme
de pensée — métisse, contradictoire,
médiatisée par l'ombre —, avec son expression
artistique : de l'aventure de ses premiers pas, fin XXe, à son étrange « beauté »,
début XXIe. Vive le nous, non pas nous de
majesté, nous de « terre couleur »,
visée du multiple. Nous de création en marche.
Art Vivant ou Cent ans après,
la revanche des petites métisses, p. 9
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