Pierre Gope

Le dernier crépuscule

Éd. Grain de Sable

Nouméa, 2001

bibliothèque insulaire

   
édité en Nlle-Calédonie
parutions 2001
Le dernier crépuscule / Pierre Gope ; préface de Paul Mazaka. - Nouméa : Grain de sable, 2001. - 77 p. : ill. ; 15 cm. - (Paroles en scène).
ISBN 2-84170-075-5

NOTE DE L'ÉDITEUR : Un village du Nord de la Grande Terre, l'espoir d'une usine, d'un avenir.

En scène, la rumeur assassine, le rêve d'une femme, le chantage des esprits, la signature de l'oubli, l'aube du dernier crépuscule : une société se déchire, blessée comme la montagne exploitée.

PAUL MAZAKA : Il y a du Césaire chez Pierre Gope, c'est ce qui me séduit. Cet engagement sans retenue, cette écriture libérée et libre, cinglante, acerbe, sont les signes d'une grande maturité et d'une lucidité presque trop objective. Il ne fait aucune concession quand il s'agit d'exhiber les maux qui entravent la liberté des siens : les femmes sont les esclaves des hommes, les hommes esclaves de l'alcool qui transforme son peuple en une sorte de bateau ivre, à la dérive, cherchant en vain au loin un phare qui indiquerait la direction et le bon sens. Les hommes sont aussi esclaves de la tradition et de la modernité chez Pierre Gope. Comment ne pas perdre son âme ?

Cette interrogation, on la retrouve dans toutes les sociétés où la tradition demeure une règle essentielle de vie. Dans le théâtre de Gope, elle se pose avec beaucoup d'acuité. […] Ce qu'il importe de conserver, de faire vivre et de transmettre, ce sont les valeurs de la tradition. Même si les gestes se transforment, l'esprit et l'âme des anciens sont toujours présents. Et c'est ce que dit avec subtilité la création de Pierre Gope.

[…]

[Pierre Gope] a une vision, un rêve pour son peuple et je crois que c'est sa mission. Comme il revient au théâtre de contribuer à éveiller les consciences, à secouer les léthargies et à donner du sens à la tradition et à la modernité. L'une comme l'autre peuvent être néfastes dans leurs excès respectifs à l'épanouissement et au bien-être.

Merci Monsieur Gope d'avoir ouvert ma conscience d'îlien à d'autres réalités, si éloignées dans l'espace mais combien si proches des miennes. Aucune culture n'est une île. Nos identités, souvent oubliées, appartiennent au patrimoine de l'humanité, votre théâtre me le rappelle, nous le rappelle.

Préface : Aucune culture n'est une île …, pp. 4-5

EXTRAIT

Grand-chef Wharénoi

Comment vit un développé.

Le chargé de mission

Regardez-moi, je suis habillé comme un développé, et je roule en voiture climatisée. Celle-là est très récente?
(en montrant sa voiture)

C'est une nouvelle série japonaise très solide, bien adaptée à rouler sur vos pistes.

Grand-chef Wharénoi

Si la machine s'adapte à nos pistes, pourquoi le développé ne s'adapte-t-il pas à notre mode de vie ?

p. 29

COMPLÉMENT BIBLIOGRAPHIQUE
  • « The last nightfall » translated by Baineo-Boengkih and Penelope S. Keable, Nouméa : Grain de sable ; Suva : Institute of Pacific studies, 2002
  • « Où est le droit ? Okorentit ? », Nouméa : Grain de sable, ADCK, 1997
  • « S'ouvrir », Nouméa : L'Herbier de feu, 1999
  • « Les dieux sont borgnes » avec Nicolas Kurtovitch, photographies d'Eric Dell'Erba, Nouméa : Grain de sable (Paroles en scène), 2002
  • « La parenthèse » suivi d'un entretien avec l'auteur, Nouméa : Éd. Traversées (Théâtre), 2005
  • « Les cris de nos silences », Nouméa : Académie des langues kanak, 2009
Sur le site « île en île » : dossier Pierre Gope

mise-à-jour : 8 février 2013

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