Le festival des miracles
/ Alice Tawhai ; trad. de l'anglais (Nouvelle-Zélande)
par Mireille Vignol. - Papeete : Au Vent des îles,
2006. - 248 p. ; 21 cm. - (Littératures
du Pacifique).
ISBN 2-915654-01-8
|
|
Like Fellini in La Strada, Tawhai shines a light onto the dark side of everyday life — and at the same time leaves you elated.
New
Zealand Listener
|
NOTE DE L'ÉDITEUR : Dans un style poétique et original,
entrecoupé de langue maori et de vie maori,
les personnages hétéroclites et souvent marginaux
d'Alice Tawhai s'évadent de leur réalité
par un imaginaire qui ne connaît aucune frontière,
et n'est pas sans évoquer le « réalisme
magique » de la littérature latino-américaine.
Solidement ancré en Nouvelle-Zélande,
ce recueil est forcément et parfois fatalement maori,
mais comme le pays, il est peuplé de personnages d'horizons
divers 1. Chaque nouvelle est habilement construite
et truffée de variations subtiles sur un même thème.
Alice Tawhai a été
à juste titre comparée à son illustre compatriote
Janet Frame : son écriture éveille les sens,
émeut et nous transporte dans une Nouvelle-Zélande
bien loin des clichés et bien proche du miracle.
- Italie, Liban, Japon, …
|
| EXTRAIT |
Sundae n'avait ni nom de famille,
ni extrait de naissance. Ce qui ne l'empêchait pas d'avoir
une histoire. Il vivait sur un houseboat avec son âme
et sa solitude pour toute compagnie. Il fut un temps où
il avait un Bébé, une Fille. Elle s'était
endormie comme un ange dans ses bras ; il s'était
laissé bercer par le rythme de son souffle. Quand il s'était
réveillé, elle était raide, froide et morte ;
il avait compris que son corps avait subi cette transformation
pendant qu'il dormait. Ce mois-là, il avait brisé
et détruit tout ce qui lui tombait sous la main, car la
seule chose qu'il avait véritablement aimée avait
déjà été anéantie.
Une nuit dans son houseboat,
allongé sur le dos avec sa bouteille de spiritueux ténébreux,
Sundae regardait le ciel. Il était d'un bleu brouillé,
voilé de taches nuageuses si fines qu'elles étaient
presque invisibles. Le halo de la lune était teinté
d'arcs-en-ciel.
Des profondeurs de sa solitude,
Sundae se demanda s'il existait un dieu. Son regard se porta
vers la lune, car le paradis était censé se trouver
dans cette direction. S'il y a un dieu, pensa-t-il, il va sûrement
me donner un signe.
Le coin du Salut, p. 31
|
|
COMPLÉMENT
BIBLIOGRAPHIQUE
- « Festival of miracles »,
Wellington : Huia publishers, 2005
|
|
| mise-à-jour : 16 novembre 2006 |

| |
|