Andrea Camilleri

Petits récits au jour le jour

Fayard

Paris, 2008
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Méditerranée

parutions 2008

Privé de titre / Andrea Camilleri ; traduit de l'italien (Sicile) par Dominique Vittoz. - Paris : Fayard, 2007. - 287 p. ; 22 cm.
ISBN 2-213-62686-4
NOTE DE L'ÉDITEUR : Billets d'humeur écrits au fil de la plume ou petites chroniques sur des sujets d'actualité, ces « récits au jour le jour » ont été publiés dans la presse italienne entre 1997 et 1999. Qu'il évoque les enfants modernes convaincus de l'existence des poulets à six cuisses, la disparition des saisons, l'importance des files d'attente, la Journée de la femme, le massacre de Portella della Ginestra le 1er mai 1947, son admiration pour Simenon ou la substitution des impitoyables mafieux au brave contrebandier d'antan 1, Andrea Camilleri exerce son talent de conteur, mêlant avec l'humour et la générosité qu'on lui connaît passages autobiographiques et références historiques.


  1. « Mon arrière-arrière-grand-père s'appelait comme moi. À la fin du XVIIIe siècle (ou pas loin), il était patron d'une speronara, un voilier de nos côtes particulièrement rapide, baptisé le Maria Immacolata qu'il utilisait surtout pour la contrebande de la soie entre Malte et la Sicile. » (p. 95).
EXTRAIT J'aimerais m'arrêter […] sur un […] cas de double vie qui nous intéresse de près car il s'agit d'un Sicilien, peu connu de ses propres concitoyens. Je veux parler d'Antonio Pizzuto, né à Palerme en 1893. Bien qu'originaire d'une famille où l'on cultive la littérature classique et la poésie, Pizzuto fait des études de droit, réussit un concours, entre dans la police où il mène une carrière qu'il termine comme commissaire divisionnaire. Il est même nommé président de la Commission internationale de Police criminelle (je crois qu'il s'agit d'Interpol …). Mais à ses moments perdus ou la nuit, ce « flic » de haut niveau traduit Cicéron, Platon et Kant. Et ce n'est pas tout : retraité, à soixante-six ans, il publie un roman, Signora Rosina 1. Les plus grands critiques (et pas seulement italiens) saluent ce livre : il s'agit sans doute du livre le plus novateur des dernières années. Dans ses écris suivants, Pizzuto en arrivera à inventer une langue nouvelle qui suit des règles musicales et non syntaxiques. Son dernier ouvrage s'intitule Symphonie, ce n'est pas un hasard.

Comparons les dates. En 1958, le vieux prince sicilien Tomasi di Lampedusa est révélé au monde comme l'auteur d'un livre né « classique » ; l'année suivante, le vieux commissaire en retraite sicilien — Pizzuto, donc — est défini comme « le premier romancier d'avant-garde de la littérature italienne du XXe siècle ». Deux Siciliens, deux noms de notre histoire littéraire.

12 avril 1998

pp. 63-64


  1. « Signorina Rosina » trad. de l'italien par Maddy Buysse, Paris : Gallimard (Du Monde entier), 1965
COMPLÉMENT BIBLIOGRAPHIQUE
  • « Racconti quotidiani », Pistoia : Libreria dell'Orso, 2002

mise-à-jour : 2 octobre 2009

Andrea Camilleri
Sauvons le Val di Noto !
Le Monde • 15 juin 2007
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