Privé de
titre / Andrea Camilleri ; traduit de l'italien (Sicile) par
Dominique Vittoz. - Paris : Fayard, 2007. - 287 p. ;
22 cm.
ISBN 2-213-62686-4
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NOTE DE L'ÉDITEUR
: Billets d'humeur écrits au fil de la plume ou petites
chroniques sur des sujets d'actualité, ces
« récits au jour le jour » ont
été publiés dans la presse italienne entre 1997 et
1999. Qu'il évoque les enfants modernes convaincus de
l'existence des poulets à six cuisses, la disparition des
saisons, l'importance des files d'attente, la Journée de la
femme, le massacre de Portella della Ginestra le 1er mai 1947, son admiration pour Simenon ou la substitution des impitoyables mafieux au brave contrebandier d'antan 1,
Andrea Camilleri exerce son talent de conteur, mêlant avec
l'humour et la générosité qu'on lui connaît
passages autobiographiques et références historiques.
- « Mon arrière-arrière-grand-père s'appelait comme moi. À la fin du XVIIIe siècle (ou pas loin), il était patron d'une speronara, un voilier de nos côtes particulièrement rapide, baptisé le Maria Immacolata qu'il utilisait surtout pour la contrebande de la soie entre Malte et la Sicile. » (p. 95).
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| EXTRAIT |
J'aimerais
m'arrêter […] sur un […] cas de double vie qui nous
intéresse de près car il s'agit d'un Sicilien, peu connu
de ses propres concitoyens. Je veux parler d'Antonio Pizzuto, né
à Palerme en 1893. Bien qu'originaire d'une famille où
l'on cultive la littérature classique et la poésie,
Pizzuto fait des études de droit, réussit un concours,
entre dans la police où il mène une carrière qu'il
termine comme commissaire divisionnaire. Il est même nommé
président de la Commission internationale de Police criminelle
(je crois qu'il s'agit d'Interpol …). Mais à ses
moments perdus ou la nuit, ce « flic » de haut
niveau traduit Cicéron, Platon et Kant. Et ce n'est pas
tout : retraité, à soixante-six ans, il publie un
roman, Signora Rosina 1.
Les plus grands critiques (et pas seulement italiens) saluent ce
livre : il s'agit sans doute du livre le plus novateur des
dernières années. Dans ses écris suivants, Pizzuto
en arrivera à inventer une langue nouvelle qui suit des
règles musicales et non syntaxiques. Son dernier ouvrage
s'intitule Symphonie, ce n'est pas un hasard.
Comparons les dates. En 1958, le vieux prince sicilien Tomasi di
Lampedusa est révélé au monde comme l'auteur d'un livre né « classique » ;
l'année suivante, le vieux commissaire en retraite sicilien
— Pizzuto, donc — est défini comme
« le premier romancier d'avant-garde de la
littérature italienne du XXe siècle ». Deux Siciliens, deux noms de notre histoire littéraire.
12 avril 1998
pp. 63-64
- « Signorina Rosina » trad. de l'italien par Maddy Buysse, Paris : Gallimard (Du Monde entier), 1965
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COMPLÉMENT
BIBLIOGRAPHIQUE
- « Racconti quotidiani », Pistoia : Libreria dell'Orso, 2002
- « La
forme de l'eau », Paris : Fleuve noir, 1998
- « Chien de faïence »,
Paris : Fleuve noir, 1999
- « Un
mois avec Montalbano », Paris : Fleuve
noir, 1999
- « L'opéra de Vigàta »,
Paris : Métailié, 1999
- « Le
coup du cavalier », Paris : Métailié,
2000
- « Le voleur de goûter »,
Paris : Fleuve noir, 2000 ; Pocket, 2002
- « La saison de la
chasse », Paris : Fayard, 2001
- « La démission
de Montalbano », Paris : Fleuve noir, 2001
- « La voix du violon »,
Paris : Fleuve noir, 2001
- « La
disparition de Judas », Paris : Métailié,
2002
- « L'excursion à
Tindari », Paris : Fleuve noir, 2002 ; Presses
pocket, 2004
- « Un
filet de fumée », Paris : Fayard,
2002
- « L'odeur de la nuit »,
Paris : Fleuve noir, 2003
- « Le roi Zosimo »,
Paris : Fayard, 2003
- « La
peur de Montalbano », Paris : Fleuve noir,
2004
- « La pension Eva », Paris : Fayard, 2007
- « Privé de titre », Paris : Fayard, 2007
- « Le tailleur gris », Paris : Métailié, 2009
- Marcello Sorgis, « Quelque chose me dit que … Entretiens
avec Andrea Camilleri », Paris : Fayard,
2002
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