Littérature
mauricienne / sous la dir. de Marie-Clotilde Jacquey et Josiane
Fievez ; conseiller technique, Jean-Louis Joubert. - Paris :
ADPF, 1993. - 230 p. : ill. ; 26 cm. - (Notre
Librairie, 114 ; septembre 1993).
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Ce
recueil a été publié en 1993, un quart de
siècle après l'indépendance de l'île (1968).
L'objectif des rédacteurs était de proposer aux lecteurs
francophones un aperçu panoramique sur une littérature issue
d'un milieu géographiquement restreint mais riche d'une
exceptionnelle diversité — où se rencontrent, cohabitent et
se fécondent l'Afrique, l'Asie et l'Europe, leurs langues, leurs
religions, leurs modes de vie, leurs cultures.
Dix ans plus tard, un article publié dans le quotidien mauricien L'Express
propose une réflexion stimulante sur la littérature
mauricienne telle qu'elle était dévoilée par les
auteurs et interroge la pertinence d'une classification qui peut,
à juste titre, être perçue comme un enfermement. Sans
méconnaître l'utilité des informations et
éléments de réflexion fournis par les
différents auteurs du recueil, il est donc légitime de
prêter attention à ces interrogations — qui
au-delà du seul cas de Maurice concernent toutes les
littératures rattachées bon gré mal gré
à un espace géographique, à une langue, à
une catégorie sociale …
C’EST LE SYNDROME BANIAN.
On passe à côté des milliers de fois, sans le
remarquer, tandis qu’il grandit dans l’ombre, sans bruit,
s’enracine, se déploie, tisse son enchevêtrement de
racines et de branches comme s’il voulait s’emprisonner
lui-même. Puis, un jour, presque par hasard, parce qu’il a
donné de l’ombre, parce que les moineaux qui s’y
cachent piaillent à n’en plus finir, parce qu’on
s’est assis sur une de ses racines, on se plaît à
admirer ce majestueux multipliant qui a grandi sans qu’on lui
demande quoi que ce soit. C’est ce qui arrive à la
littérature francophone mauricienne. Elle ne
s’arrête plus à ces quelques auteurs
célèbres et célébrés mais se nourrit
d’autres, de plus en plus nombreux, avec une production
croissante.
Il y a dix ans, la revue Notre Librairie
consacrait un numéro à la littérature mauricienne.
Déjà, la diversité des auteurs cités, la
richesse des textes, les références multiples, les
perspectives de langues, d’éducation, de
génération, de contexte faisaient de cette
littérature une sorte de chaudron bouillant dont on ne savait
pas s’il fallait s’en éloigner parce que cette
mixture allait péter à la gueule ou se rapprocher parce
qu’il allait en sortir un alliage solide et reconnaissable en
tout. Entre la candeur d’un Jean-Georges Prosper qui
prédisait que la littérature mauricienne apporterait
« une halte dans la course vers la véritable
apocalypse » et la sévérité d’un
Harris Rambhujun qui demandait « pourquoi la plupart de nos
écrivains se contentent-ils de mettre en valeur les traits
folkloriques et superficiels du pays tout en reléguant les
réalités médiocres du petit peuple au
deuxième plan ? », tous les goûts
étaient permis.
Allons
donc, qu’est-ce qui se passe à Maurice depuis quelques
années ? Si ce n’est pas un passage à la
quatrième vitesse, ça y ressemble : quatre auteurs
cette année en lice pour le prix RFO, un nom qui revient
régulièrement en sélection du Renaudot, des romans
qui récoltent des critiques élogieuses en France, des
adaptations théâtrales, cinématographiques, une
production grandissante (rien que pour 2003 : trois sorties chez
Gallimard et deux à l’Olivier), d’autres romans
annoncés l’année prochaine … Se
seraient-ils donné le mot, tous ces auteurs ? Pourquoi,
comment, par qui, où, quand et bla bla bla. Voilà que
sont organisés colloques, rencontres, débats.
Voilà qu’on nous observe comme on a observé la
littéraire francophone haïtienne (à la
réputation bien installée désormais avec Dany
Laferrière, Lyonel Trouillot, Louis-Philippe Dalembert ou encore
Gary Victor). Comme on dirait en créole : toi qui toi ?
Mais
jusqu’à preuve du contraire, nous ne sommes pas là
pour plaire aux universitaires, aux africanistes, aux
indo-océanistes, aux spécialistes de la francophonie et
autres théoriciens de la littérature. Nous
n’écrivons pas pour leur fournir des sujets
d’études, dieu merci. Nous écrivons. Point. Barre.
Est-ce
que cela ferait du bien à notre littérature
d’être estampillée « littérature
mauricienne » ?
[…]
< lire l'intégralité de l'article publié dans L'Express (Maurice) du 28 décembre 2003 >
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| SOMMAIRE |
Editorial, Shirin Aumeeruddy-Cziffra
CONTOURS D'UNE ÎLE
- Le temps d'un regard, Serge Ng Tat Chung
- T'Eylandt Mauritius et l'île de France, Laval-Jocelyn Chan Low
- La colonisation anglaise, Sadasivan Reddi
- L'île Maurice et ses langues, Vinod Rughoonundun
- Les langues à l'école mauritienne, Nita Rughoonundun
UNE ÎLE PLURIELLE
- La vieille dame dans l'ombre, Jean-Louis Joubert
- La littérature francophone de 1945 à nos jours, Gérard Fanchin
- La littérature créole depuis l'indépendance, Vicram Ramharai
- Les voix anglophones, Sushilla Gopaul
- La littérature en langues indiennes, Dr Moonishwariall Chintamunnee et Reshni D. Ramdhony
- L'Afrique et la littérature mauricienne, Anil Dev Chiniah
- La littérature chinoise, Joseph Tsang Mang Kin et Josiane Fievez
- La place de Maurice dans la créolité de l'océan Indien, Jean-Georges Prosper
TEMPS FORTS
De la poésie avant toute chose- Léoville L'Homme et Robert-Edward Hart, Robert Furlong
- Chazal et la vision retournée des choses, Amina Osman
- Les chants planétaires de Jean-Georges Prosper, Jean-Louis Joubert
- Edouard Maunick : le poème est un secret, Jasmina Šopova
- Avant le silence, Edouard Maunick
Y-a-t-il une littérature féminine à Maurice ?
- Y-a-t-il une littérature féminine à Maurice ? Shakuntala Boolell
- L'œuvre de Marie-Thérèse Humbert, Issa Asgarally
Autour du créole- Quand le théâtre nourrit la langue, Dev Virahsawmy
- Le théâtre en créole et en français, Henri Favory et Josiane Fievez
- Les spécificités du créole mauricien, Didier de Robillard
Musique et oralité- La séga : une re-création, Charles Ricaud
- Le seggae, entre genèse et paradis perdu, Sedley R. Assone
- La littérature orale rodriguaise, Robert Chaudenson
AUTOUR DU LIVRE
La situation de l'écrivain mauricien- La situation de l'écrivain mauricien, Harris Rambhujun
- La presse et la vie littéraire, Jean-Georges Prosper
- Communiquer en milieu multiculturel, Judex Acking
- Les concours littéraires, Yvan Martial
- Littérature et radio, Jean-Yves Violette
La politique du livre- Editer à Maurice, Brigitte Masson
- Le livre français à l'île Maurice, Philippe Lenoir
- La mission de coopération et d'action culturelle, Daniel Huguet
Bibliographie, Jean-Louis Joubert et Monique Hugon Notes de lecture |
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| mise-à-jour : 10 octobre 2011 |
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