Presque-songes
= Sary-Nofy / Jean-Joseph Rabearivelo ; présentation de
Claire Riffard. - Saint Maur-des-Fossés :
Sépia ; Antanarivo : Tsipika, 2006. - 127 p. ; 18 cm. - (Océan Indien).
ISBN 2-84280-119-9
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| 9ème édition du Prix du Livre Insulaire : Ouessant 2007 |
| mention spéciale du jury |
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Je
dirai le plaisir périlleux procuré par ce jeu qui fait
courir à l'esprit même de la Poësie l'aventure la
plus imprévue : celle de partir d'un même pays
idéal pour l'inconnu de deux musiques différentes […].
cité par Claire Riffard, Préface, p. 3
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Le
manuscrit de « Presque-Songes / Sari-Nofy »
présente chaque poème sur un feuillet partagé en
deux colonnes. Le texte se lit en malgache dans la colonne de gauche,
en français dans la colonne de droite : ces deux versants du
poème ont été conçus dans un même
élan, aucun ne peut et ne doit être lu comme original ou comme
traduction.
Rabearivelo puise sa poésie d'un en-deçà de la
langue, monde naissant antérieur au choc du divers —
lui-même parle d'un pays idéal —,
avant de la plier aux exigences formelles propres à chacune des deux cultures entre
lesquelles son existence s'est partagée … jusqu'au
déchirement.
Fruit de ce jeu, les textes réunis dans
« Presque-Songes / Sari-Nofy » sont à
la fois étonnamment accessibles, comme émis par qui
évoque fraternellement le souvenir du pays idéal,
et hautement virtuoses (on suppose cette qualité au versant
malgache qui garde tout son mystère pour la grande
majorité des lecteurs français).
Aux dernières pages du recueil, Reconnaissance à Paul Gauguin souligne la fragilité d'un projet que le poète partage avec le peintre — mais … Qui
explorera les ténèbres des affinités
obscures, / ponts de clarté emportés par les flots
et l'ombre des âges ? (p. 105)
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| EXTRAIT |
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Terak'andro
Efa nahita ny mangiran-dratsy mangalaboankazo
tany amin'ny tanimbolin'ny alina va hianao ?
Inty izy miverina avy any,
eny amin'ny lalankely atsinanana
rako-tenina mivelatra :
misoliti-dronono ny tenany manontolo,
toy ny an'ny zaza nobiazin'ny omby taloha ;
ny tànany mitondra fanilo
dia mainty manga toy ny molo-jazavavy
mitsako voarohy.
Milefa tsirairay eo anoloany
ny vorona nofandrihany. |
Naissance du Jour
Avez-vous déjà vu l'aube aller en maraude
au verger de la nuit ?
La voici qui en revient
par les sentes de l'Est
envahies de glaïeuls en fleurs :
elle est toute entière maculée de lait
comme ces enfants élevés jadis par des génisses ;
ses mains qui portent une torche
sont noires et bleues comme des lèvres de filles
mâchant des mûres.
S'échappent un à un et la précèdent
les oiseaux qu'elle a pris au piège. |
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COMPLÉMENT
BIBLIOGRAPHIQUE
- « Presque-songes », Tananarive : Imprimerie de l'Imerina, 1934
- « Presque-songes [suivi de] Traduit de la nuit », Tananarive : Les Amis de Rabearivelo, 1960
- « Presque songes [suivi de] Traduit de la nuit [et de] Chants pour Abéone », Paris : Hatier, 1990
- « Œuvres complètes, tome 1 : Le diariste (Les Calepins bleus),
L'épistolier, Le moraliste » édition critique
coordonnée par Serge Meitinger, Liliane Ramarosoa et Claire
Riffard, Paris : CNRS éditions, Présence africaine,
2010
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| mise-à-jour : 18 novembre 2010 |

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