10ème
édition du Prix du
Livre Insulaire (Ouessant 2008)
ouvrage
en compétition |
Un autre soleil
/ Joël Des Rosiers et Patricia Léry ; préface
de Nicolas Goyer. - Montréal : Triptyque, 2007. -
61 p. ; 19 cm.
ISBN 978-2-89031-616-4
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La
course d'un taxi dans la nuit parisienne fournit à Joël Des
Rosiers et à Patricia Léry l'occasion de forcer le regard
à débusquer, au cœur du décor quotidien
voilé par l'habitude, les protagonistes d'une vie intense,
souvent douloureuse mais jamais dénuée d'espoir.
Aux premières pages, le chauffeur du taxi, probablement d'origine haïtienne 1,
prend en charge un Kurde irakien qui évoque son périple,
laisse deviner ses cauchemars, l'angoisse qui le presse. Suit une
traversée de la ville assombrie où les oasis de
lumière sont confiées à la vigilance de
« fragiles colosses » noirs et
déracinés. Enfin surgit une femme bouleversée,
nimbée d'une « odeur de violette et
d'aubépine » avec qui le chauffeur du taxi engage une
conversation qui va s'approfondir et culminer sur un tapis
berbère : « histoire archaïque et
fraîche (…) d'aujourd'hui » 2.
Histoire d'une double rencontre : celle qui est contée et
celle des auteurs — Joël Des Rosiers et Patricia
Léry — qui ont tressé les fils du conte.
- Cf. interview de Joël Des Rosiers, Le Nouvelliste (Port-au-Prince), 21 mai 2008.
- Nicolas Goyer, Préface, p. 10.
Joël Des Rosiers
est né aux Cayes (Haïti) en 1951 ; médecin,
poète et essayiste, il vit au Québec depuis l'âge
de dix ans.
Née à la Martinique, Patricia Léry
vit à Paris depuis de longues années. Ses recherches
portent sur les discours de l'identité collective et de la foi
religieuse dans leurs rapports avec les esthétiques noires
(musique, danse, arts visuels).
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| EXTRAIT |
Sur
la façade des théâtres, une greffe de néon
bleu se développait en une longue vague vibrante sur l'ensemble
des colonnades qui ondulait dans les vitrines des magasins tout autour.
Les portiers black aux yeux absents, en complet noir qui donnait une
allure raffinée à leurs musculatures, avaient disparu du
seuil des boutiques de luxe.
Mais ils réapparaissaient la nuit, tels des golems, bien plus
beaux, bien plus forts, bien plus féroces, tels de fragiles
colosses aux gestes lents, au sein d'une culture dont ils ne
maîtrisaient pas tout à fait les codes. Eux qui avaient
connu dans leur enfance d'autres villes, d'autres villages, là
où l'apprentissage de la vie se faisait au milieu des
légendes, des proverbes et des contes … Et ils
passaient leur existence à déchiffrer dans les
brouillards blancs quel désordre de la vie les avait conduit
à venir protéger et défendre l'opulence de
ceux-là mêmes qui les avaient dépouillés.
Seuls les nègres veillaient sur Paris …
En un lieu hors de la lumière du jour, vigiles et portiers,
gardiens et veilleurs, cerbères et majordomes passaient de
l'état de damnés de la terre à celui de
fantômes de l'ordre et de l'argent, rendant la nuit plus black
encore. Car c'est un secret qui n'avait pas échappé
à mon œil, la nuit, la peau noire des nègres
devenait plus noire encore.
Paris dormait, l'Afrique veillait …
pp. 24-25 |
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COMPLÉMENT
BIBLIOGRAPHIQUE
- « Métropolis opéra », Montréal : Triptyque, 1987
- « Tribu », Montréal : Triptyque, 1990
- « Savanes », Montréal : Triptyque, 1995
- « Théories caraïbes : poétique du déracinement », Montréal : Triptyque, 1996
- « Vétiver », Montréal : Triptyque, 1999
- « Métropolis opéra [suivi de] Tribu », Montréal : Triptyque, 2000
- « Savanes [suivi de] Poèmes de septembre », Montréal : Triptyque, 2007
- « Caïques », Montréal : Triptyque, 2007
- « Gaïac », Montréal : Triptyque, 2010C
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| mise-à-jour : 17 mars 2011 |

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