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Cet article interroge le système
de relations des îles confrontées au fait épidémique,
à travers l'exemple de la diffusion du SIDA aux Antilles.
On y observe tant une focalisation sur Haïti qu'une dilution
de cette région dans un ensemble « latino-américain
et caraïbe ». Ces choix d'investigation et d'échelle
apparaissent biaisés, et traduisent la rémanence
d'une conception dépassée scientifiquement mais
bien vivace politiquement : la responsabilité mondiale
d'Haïti dans la genèse du SIDA.
Une telle conception est d'origine
États-unienne. Elle a traduit à l'origine la volonté
de confondre le pays qui apparaissait comme le coupable idéal
de l'endémie à l'échelle régionale,
et de montrer aux autres pays de la Caraïbe que leur intérêt
était de continuer à déléguer la
police sanitaire, aspect « positif » de
la domination état-unienne sur la Méditerranée
américaine.
Ultérieurement et jusqu'à
aujourd'hui, maintenir cette fiction du coupable haïtien
a permis de masquer le véritable responsable : le
tourisme sexuel nord-américain.
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