Au bord du lagon, adossé
au jardin botanique de Papeari, le Musée Gauguin de Tahiti
est un lieu d'exception ; d'imposants — inquiétants ?
— tiki veillent à ses portes. Mais au premier
abord, c'est une enveloppe vide, vouée semble-t-il à
l'absence : on n'y trouve aucune toile du peintre,
sauf pour de rares et toujours brèves expositions temporaires.
Mais pour qui passe quelques jours
à Tahiti, la visite s'impose : l'imagination 1,
le souci d'une information claire et précise, ont en effet
pallié les conséquences de cette absence ; il est de ce
fait possible de négliger l'effet peu engageant de mauvaises
reproductions, déteriorées par le climat, et de
profiter du soin mis à commenter, sans vaine
pédagogie, les étapes d'une création originale.
C'est un « dépaysement » savamment
organisé et, en définitive, un excellent préalable
à la visite d'autres musées, à Paris, Boston,
Essen, Liège, Saint Petersbourg …
Le catalogue accompagne parfaitement
cette démarche ; l'iconographie en noir-et-blanc
est techniquement succinte, mais judicieusement choisie ;
la section bibliographique est précieuce et complète
efficacement nombre de sources plus académiques.
- Dans les salles consacrées
à la période bretonne de Gauguin, on peut voir
un authentique menhir, provenant de la pointe du Cabellou
(Concarneau).