Gauguin aux Marquises
/ José Pierre. - Paris : Flammarion, 1982. - 253 p. ;
20 cm. - (Textes-Flammarion).
ISBN 2-08-064491-2
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Une équipe de cinéastes
français tourne aux Marquises un film sur les derniers
mois de la vie de Gauguin : le roman de José Pierre
juxtapose le descriptif des principales scènes, le journal
intime de la script-girl, et des monologues attribués
au peintre.
Le ton se veut audacieux et se
complait souvent dans une vision stéréotypée
des vertus du monde polynésien.
Parler du soleil, de la lune
et des étoiles.
Avec une adorable vahine
de quatorze ans blottie toute nue dans vos bras.
C'est une satisfaction autrement grande, j'imagine, que celle
de faire un cours en Sorbonne sur le même sujet. —
p. 182
Mais étroitement mêlée
à ces clichés s'ébauche une tentative visant
à saisir le mouvement du peintre vers une réalité
transcendant, sans les ignorer, ses modèles et le monde
où ils vivent.
Je ne raconte (…) pas l'histoire
d'un personnage qui aurait été très porté
sur les vahine et
qui, en même temps, aurait pris conscience de la réalité
du colonialisme. Non, je raconte l'histoire d'un homme pour qui
ce qui comptait avant tout, c'était la peinture. —
p. 53
Ainsi José Pierre, proche
des surréalistes et historien d'art à ses
heures, a parfois d'heureuses intuitions, comme quand il relève
le souci constant qu'avait Gauguin d'abolir les distances :
Gauguin : Si je peignais
ce tableau, je voudrais que toutes choses y soient rendues plus
proches du spectateur par la force de mon désir ou de
mon émotion.
Ky Dong : Ce n'est plus un comportement de peintre, c'est
un comportement de magicien !
Gauguin : Pourquoi pas ? C'est la raison pour laquelle
je me sens si proche de Haapuani 1 … — p. 39
- Guillaume
Le Bronnec a connu Haapuani : « Hapuani,
en 1910, quand je l'ai connu, avait une trentaine d'années,
pur marquisien, taillé en hercule, c'était un magnifique
paresseux. Je ne l'ai jamais vu faire aucun travail pénible,
sa femme, belle indigène aux cheveux blonds s'occupait
seule des travaux domestiques. Dès sa naissance, Hapuani
était destiné à devenir TAUA, sorte de prêtre
des anciennes coutumes marquisiennes. Il avait été
dans son enfance, éduqué dans ce sens, nul ne connaissait
comme lui, les légendes et anciennes coutumes indigènes ».
Haapuani a inspiré le tableau L'Enchanteur ou
Le sorcier de Hiva Oa (1902), aujourd'hui au Musée
d'Art Moderne et d'Art Contemporain de Liège.
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| mise-à-jour : 15 mai 2012 |

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