Luc-Marie Bayle [catalogue
de l'exposition au Musée de la Marine, 22 septembre au
12 novembre 1995] / Luc-Marie Bayle ; avant-propos de François
Bellec ; préface de Jean-François Deniau ;
introduction d'Arnaud d'Hauterives. - Paris : Association
des amis du Musée de la Marine, 1995. - 150 p. :
ill. ; 24x26 cm.
ISBN (incomplet) 2-959-9502
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Il est rare qu'un auteur ait vécu directement ses romans.
Jean-François Deniau, Préface, p. 7 |
Luc-Marie Bayle a dessiné
et peint — surtout des aquarelles — à Tahiti,
Moorea, Bora Bora et Mangareva ; il a eu le privilège
plus rare de pouvoir exercer son art sur des îles
moins fréquentées : Saint-Paul, Macquarie,
les Kerguelen ou encore l'archipel des Balleny.
Fils de marin, petit-fils 1
de marin, Luc-Marie Bayle est tout naturellement entré
dans la Royale. Peintre (et Peintre officiel de la Marine
depuis 1944), il avoue peu de maîtres : le père
Renard, « viel artiste à barbe fleurie,
lavallière et chapeau noir à large bord, qui
apprenait à dessiner des nus aux candidats à l'Ecole
des Beaux-Arts », l'Art Club, fréquenté
épisodiquement lors de longues escales à Shangaï,
et surtout « la merveilleuse Marie Herfeld »,
une ancienne élève de Paul Sérusier.
- Luc-Marie Bayle (1914-2000)
a commandé la marine française en Polynésie
de 1956 à 1958. Son grand-père avait commandé
le croiseur Duguay-Trouin dépêché dans le
Pacifique en 1896-1897 pour « pacifier »
les îles de Raiatea et de Tahaa en rébellion contre
les autorités françaises. Gauguin, qui par ailleurs
a violemment contesté la légitimité de cette
intervention, a eu l'occasion de présenter le manuscrit
de Noa Noa au commandant du Duguay-Trouin, espérant
qu'il pourrait l'aider à le faire éditer (cf. Bengt
Danielsson, « Gauguin
à Tahiti et aux îles Marquises »,
pp. 200-202).
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| EXTRAIT |
[…]
Saint-Paul est un volcan désaffecté,
noir, rocheux, dont le cratère, effondré sur un
bord jusque dans la mer, ménage une petite rade intérieure
accessible seulement aux embarcations. Ce qui permit aux gars
du Charcot de mettre le pied sur cet îlot pendant
le retour du voyage en Terre Adélie en 1950.
L'ancienne station de La langouste
française n'est plus qu'un affreux cimetière
en bordure de l'eau, carcasses métalliques de l'usine,
feuilletées de rouille jusqu'au cœur, piles de boîtes
de conserves neuves fondues en un seul bloc, squelettes
d'embarcations envahies par l'herbe, ossuaire d'ancres et de
chaînes, désolation sans nom sur laquelle vient
siffler en hurlant l'âme des quatre-vingt-seize pêcheurs
malgaches et bretons morts à Saint-Paul ; une quinzaine
de tombes, avec des croix de lave, édifiées religieusement
pour les premières victimes par ceux qui devaient les
suivre de si près, emportés par une effroyable
épidémie de scorbut, qui ne laissera que trois
survivants : deux Bretons, une Bretonne, la seule femme
de l'usine.
Chaque tombe porte une inscription,
au nom gravé maladroitement. On se penche, on lit, bouleversé,
le plus court et le plus dramatique des poèmes, au centre
d'une croix carrée, ces mots :
A Raoul F...
Armateur du Rêve
Une île de rêve
! p. 107
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COMPLÉMENT
BIBLIOGRAPHIQUE
- Luc-Marie Bayle, « Chemin
de Croix », Paris : Éd. Lahure, 1943
- Luc-Marie Bayle, en coll. avec
Pierre Dubard, « Le Charcot et la Terre Adélie »,
Paris : France-Empire, 1951
- Luc-Marie Bayle, « Le
voyage de la Nouvelle-Incomprise », Paris : Éd.
Ozanne, 1953
- Luc-Marie Bayle, « Les
corvettes FNFL », Paris : Service historique
de la marine, 1966
- Luc-Marie Bayle, en coll. avec
Hervé Cras, « La marine en bois »,
Paris : Fayard, 1978
- Luc-Marie Bayle, « Mathurin
Méheut », Rennes : Éd. Ouest-France,
1984
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| mise-à-jour : 4 juillet 2008 |

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| Le rocher Saint-Paul, 1949 (aquarelle)
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