Au
phare / Virginia Woolf ; traduit de l'anglais par Anne Wicke. -
Paris : Stock, 2009. - 282 p. ; 20 cm. - (La
Cosmopolite). ISBN 978-2-234-05880-4
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Comme les convives du huis-clos en trois temps
que rapporte Au phare, Virginia Woolf se
heurte aux pressantes questions qui surgissent du chaos, à
l'horizon de l'île 1 : « Que suis-je ? » … « Aller
où ? » …
Chacun tente de répondre,
ou d'esquiver. Lily Briscoe, devant son chevalet, mesure mieux
que d'autres, les enjeux et le risque : « Où
commencer ? — là était la question ;
à quel endroit déposer la première trace ?
Une ligne placée sur la toile lui faisait encourir
d'innombrables dangers, l'amenait à prendre de fréquentes
et irrévocables décisions. […] Le risque devait
malgré tout être pris ; la trace
déposée » (p. 217).
Ailleurs : «
Elle était bien étrange, cette voie de la peinture. On
s'éloignait, toujours plus avant, jusqu'au moment où on
avait pour finir la sensation de se trouver sur une planche
étroite, parfaitement seul, au-dessus de la mer »
(p. 236).
- Si le roman se déroule sur l'île de Skye
aux îles Hébrides, il doit semble-t-il beaucoup aux souvenirs de
vacances passées par Virginia Woolf, durant son enfance, en vue de
Godrevy island sur la côte cornouaillaise, près de St. Ives.
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| EXTRAIT |
[Lily
Briscoe] contemplait l'immensité de la mer. L'île
était devenue si petite qu'elle ne ressemblait plus qu'à
peine à une feuille. On aurait dit le sommet d'un rocher qu'une
grosse vague pourrait recouvrir. Pourtant, malgré cette
fragilité, demeuraient tous ces chemins, ces terrasses, ces
chambres, toutes ces choses innombrables. Mais tout comme, juste avant
le sommeil, les choses se simplifient au point qu'un seul
détail, parmi des myriades d'autres, a le pouvoir de s'affirmer,
elle sentait, en regardant rêveusement l'île, que tous ces
chemins, toutes ces terrasses et toutes ces chambres
s'évanouissaient et disparaissaient, et qu'il ne restait plus
rien qu'un encensoir bleu pâle se balançant
régulièrement d'un côté et de l'autre de son
esprit. C'était un jardin suspendu ; c'était une
vallée, pleine d'oiseaux, de fleurs et d'antilopes …
Elle s'endormait.
p. 277
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COMPLÉMENT
BIBLIOGRAPHIQUE
- « To the Lighthouse »,
Londres : Leonard and Virginia Woolf, 1927
- « La
promenade au phare » trad. par Maurice Lanoire, Paris :
Stock, 1929 ; Paris : Le Livre de poche (3860), 1974 ;
Paris : Librairie générale française (Le
Livre de poche-Biblio, 3019), 1983
- « Vers le phare »
texte présenté, traduit et annoté par Françoise
Pellan, Paris : Gallimard (Folio, 2816), 1996
- « Le temps passe » (version intermédiaire de la section médiane de To the lighthouse, éd. bilingue, trad. française de Charles Mauron), Paris : Le Bruit du temps, 2010
- Chantal Delourme, « Virginia Woolf, To the Lighthouse : les arabesques du sens », Paris : Ellipses (Marque-page), 2001
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| mise-à-jour : 31 mars 2012 |

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