Suzanne et le Pacifique
/ Jean Giraudoux ; introduction et notes par Lise Gauvin ;
notice de Linda Lê. - Paris : Librairie générale
française, 1997. - 220 p. ; 18 cm. - (Le
Livre de poche-Biblio, 3277).
ISBN 2-253-93277-9
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| Du
Limousin au Paradis, la route est directe, et bien des voies relient
les pensionnaires aux îles désertes (la plus
économique consistant à rester chez soi et à
rêver …)
Philippe Berthier, Suzanne et le Pacifique, ou du naufrage sur une île déserte … |
Difficile
de ne pas mentionner « Suzanne et le Pacifique »
dans une recension d'œuvres associant femmes et
îles … Giraudoux feignait d'innover en envoyant
son héroïne dans le Pacifique : « Les femmes existaient, les îles existaient ; on ne parlait guère dans la vie, si on la prenait un
peu au sérieux, que des îles et des femmes, et personne
n'avait songé à unir — dans la crainte de
quelle explosion du cœur ? — ces deux éléments
fondamentaux ! » 1.
Mais il faut se garder de prendre
Giraudoux au pied de la lettre : l'île de Suzanne
ressemble trop à un reflet (inversé ?) de
Bellac 2 ; et si Suzanne renvoie à
Robinson — pour souligner ce en quoi elle s'en distingue —, elle ne manque pas d'affinités avec son
créateur.
- Extrait d'une préface
de Jean Giraudoux à l'édition de 1927 de « Suzanne
et le Pacifique » (édition précieuse,
illustrée par Jean-Emile Laboureur), cité par Lise
Gauvin dans son introduction, p. 5
- Suzanne ne l'ignore pas :
« [Toulet] me demanda ma province, et se mit alors
à me parler du Limousin comme si c'était non point
mon pays de départ, mais mon but et un lointain Eden »,
p. 61
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| EXTRAIT |
Un mendiant ne comprend son infortune
qu'en voyant un mendiant, un nègre un nègre, un
mort qu'en voyant un mort. Jamais il ne m'était venu à
l'idée jusqu'à ce jour, par égoïsme,
de comparer mon sort à celui de Robinson. Je n'avais pas
voulu admettre que sa solitude effroyable fût la mienne.
[…] Mais aujourd'hui je feuilletais le livre comme un manuel
de médecine sur la maladie qu'on croit soudain la sienne …
C'était bien la même … mêmes symptomes,
mêmes mots … des oiseaux, des bêtes, un peu
de terre entourée d'eau de tous côtés …
La nuit tombait, j'allumai deux torches … Seule, seule
à la lisière d'un archipel, une femme allait lire
Robinson Crusoe.
p. 175
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COMPLÉMENT
BIBLIOGRAPHIQUE
- Jean Giraudoux, « Suzanne
et le Pacifique », Paris : Émile-Paul,
1921
- Jean Giraudoux, « Réflexions
sur Robinson Crusoë et les romans d'aventure »,
Les Feuillets d'art, 15 juillet 1920
- Jean Giraudoux, « Suzanne
seule à l'île de Pâques », Littérature,
n° 16, septembre 1920
- Jean Giraudoux, « Supplément au voyage de
Cook », Paris : Grasset (Cahiers rouges),
2000 (rééd.)
- Jean-Marie Gautier, « Giraudoux
et le Pacifique », Journal de la Société
des Océanistes, n° 17, Paris, 1961
- Charles Krance, « Giraudoux's
Suzanne et le Pacifique : text, topoi and community »,
Australian journal of french studies, vol. XVI, mai-août
1977
- Philippe Berthier, « Suzanne
et le Pacifique, ou du naufrage sur une île déserte
comme moyen non certes le plus court mais peut-être le
plus sûr de rentrer chez soi pour une jeune fille de Bellac (Haute-Vienne) »,
Silex, n° 14, 1979
- Sylviane Coyault et Michel Lioure
(dir.), « Des Provinciales au Pacifique »,
Clermont-Ferrand : Association des publications de la Faculté
des lettres et sciences humaines, 1994
- Gilles Deleuze, « L'île déserte et
autres textes », Paris : Les Éd. de
Minuit,, 2002
- Odile Gannier, « Giraudoux-Pacifique »,
in L'insularité,
études rassemblées par Mustapha Trabelsi, Clermont-Ferrand :
Presses universitaires Blaise Pascal, 2005
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| mise-à-jour : 7 mai 2010 |

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