Cris
et chuchotements [suivi de] Persona [et de] Le lien / Ingmar
Bergman ; trad. du suédois par Jacques Robnard et Catherine
de Seynes. - Paris : Gallimard, 1994. - 231 p. ;
18 cm. - (Folio, 2620). ISBN 2-07-038917-0
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| Je suis entourée par la mer et je me sens bercée comme un fœtus dans le sein maternel.
Elisabet, p. 117 |
NOTE DE L'ÉDITEUR : […]
Cinéma,
écriture : deux moyens d'expression. Bergman a conscience
que les mots ne pourront jamais rendre dans son
intégralité ce qui se passe dans un film.
« C'est pourquoi j'offre au lecteur un texte très
sommaire, un cryptogramme qui, dans le meilleur des cas, touchera
l'imagination et la réflexion de chacun. » […]
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N.T. BINH :
Alma (Bibi Anderson) et Elisabet (Liv Ullmann) :
l’infirmière et la patiente, la spectatrice et la
comédienne, sont seules sur une île déserte.
Elisabet est une vedette de la scène qui, du jour au lendemain,
a été frappée de mutisme, en pleine
représentation d’Electre. Soignée
dans un institut où la doctoresse la considère
« saine », elle est envoyée en
convalescence sur une île, sous la surveillance d’Alma,
jeune infirmière qui a la saine blondeur des clichés
scandinaves. Mais durant ce court séjour, la situation bascule.
Malgré les apparences, cette trame simplissime contient nombre
de coups de théâtre. Le récit d'une orgie nocturne
devient la séquence clé où l'actrice devient
auditrice et où la thérapeute se fait
exhibitionniste ; après cet évènement, Alma
découvre une lettre qui ne lui était pas destinée,
ce qui précipite la tragédie.
Bergman construit un film sur la dualité, certes, mais aussi sur la fusion des contraires. Il brouille les cartes, et Persona
conserve le tranchant d'une œuvre parfaite, où rien n'est
laissé au hasard. Rien si ce n'est l'émotion. Le
cinéaste ne retrouvera pas souvent un tel équilibre entre
le propos et l'accomplissement esthétique, entre le récit
parfaitement agencé et les fulgurances de l'imprévu.
[…]
Lorsque Bergman découvre l’île de Fårö, pendant les repérages d'A travers le miroir, et surtout lorsqu’il décide d’y tourner Persona,
il a enfin trouvé le lieu qui lui ressemble. Il s’y
installe, y plante le décor de ses films, y fait venir ses amis,
ses femmes, ses équipes […].
Le phalanstère
bergmanien a donc un nom, Fårö, où la mise en
scène n’est pas bridée par les tracas
administratifs qui minent le directeur d'un grand théâtre.
[…]
Les démons qui habitent Bergman se
matérialisent dans le décor de rêve et de cauchemar
de Fårö. Bonheur et destruction, désormais, alternent
dans chacun de ses films insulaires […].
« Ingmar
Bergman, le magicien du Nord », Paris : Gallimard
(Découvertes, 176), 1993 — pp. 78-79 et 88-89
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COMPLÉMENT
BIBLIOGRAPHIQUE
- « Cris
et chuchotements [suivi de] Persona [et de] Le lien » trad.
du suédois par Jacques Robnard et Catherine de Seynes,
Paris : Gallimard, 1979
- «
Persona » découpage définitif et script original
(scénario, adaptation, dialogues et réalisation d'Ingmar
Bergman), L'Avant-scène Cinéma, 85, octobre 1968
- Ingmar Bergman, « Laterna
magica », Paris : Gallimard, 1987 ; Gallimard
(Folio, 2238), 1991
- Ingmar Bergman, « Images »,
Paris : Gallimard, 1992
- Ingmar Bergman, « Monika », Paris : L'Avant-scène
Cinéma (567, décembre 2007), 2007
- Alain Bergala, « Monika de Ingmar Bergman », Crisnée (Belgique) : Yellow now (Côté film, 1), 2005
- Linn Ulmann, « Je suis un ange venu du Nord », Arles : Actes sud, 2010
- Liv Ullmann, « Devenir », Paris : Stock, 1977
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| mise-à-jour : 5 septembre 2011 |

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