Heptaméron
/ Marguerite d'Angoulême, reine de Navarre ; introduction,
notes, glossaire, chronologie et bibliographie par Simone de
Reyff. - Paris : Flammarion, 1982. - 564 p. ;
18 cm. - (Garnier-Flammarion, 355).
ISBN 2-08-070355-2
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En cure thermale à Cauteret,
au bord du Gave Béarnais, la jeune Reine de Navarre, pour
passer le temps avec ses amis, convie chacun à raconter
« quelque histoire qu'il aura vue ou bien ouï
dire à quelque personne digne de foi ». Ils
sont dix, réunis pour dix jours, et peuvent se mesurer
collectivement au Décaméron ; l'objectif
ne sera pas atteint quant au nombre et, plus tard, le recueil
sera intitulé Heptaméron : il compte
soixante-douze nouvelles.
Une authentique fait-divers sert
de point de départ à la soixante-septième
nouvelle de l'Heptaméron : Extrême amour
et austérité de femme en terre étrange. L'héroïne,
débarquée avec sa dame de compagnie et son amant
sur une île déserte — l'île des
Démons, au large des côtes canadiennes —
se nomme Marguerite de Roberval.
La reine de Navarre, soucieuse
de bienséance, a très sensiblement édulcoré
la trame trop licencieuse à ses yeux de l'anecdote relatée
initialement par le géographe André Thévet.
Comme Marguerite d'Angoulême, Rabelais a lu André
Thévet pour qui l'île des Démons devait son
nom au grand nombre de fantômes qui la hantaient, et au
bruit qu'ils causaient.
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| EXTRAIT |
[…] le mari et la femme furent
laissés en une petite île sur la mer, où
il n'habitait que des bêtes sauvages. Et leur fut permis
de porter avec eux ce dont ils avaient nécessité.
Les pauvres gens, se trouvant
tout seuls en la compagnie des bêtes sauvages et cruelles,
n'eurent recours qu'à Dieu seul, qui avait été
toujours le ferme espoir de cette pauvre femme. Et comme celle
qui avait toute consolation en Dieu, porta pour sa sauvegarde,
nourriture et consolation le Nouveau Testament, lequel elle lisait
incessamment. Et au demeurant, avec son mari, mettait peine d'accoutrer
un petit logis le mieux qu'il leur était possible. Et
quand les lions et autres bêtes s'en approchaient pour
les dévorer, le mari avec sa harquebuse et elle avec des
pierres se défendaient si bien que non seulement les bêtes
ne les osaient approcher, mais bien souvent en tuèrent
de très bonnes à manger. Ainsi, avec telles chairs
et les herbes du pays, vécurent quelques temps.
p. 459
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COMPLÉMENT
BIBLIOGRAPHIQUE
- « L'Heptaméron
des nouvelles » éd. présentée et
annotée par Nicole Cazauran, texte établi par Sylvie
Lefèvre, Paris : Gallimard(Folio classique, 3359), 2000
- « Heptaméron » éd. critique
établie par Renja Salminen, Genève : Droz,
1999
- « L'Heptaméron
» introduction, choix de variantes et notes par Gisèle
Mathieu-Castellani, Paris : Librairie générale
française (Le Livre de poche, 16048), 1999
- Michel
Bideaux, « Roberval, la damoiselle et le gentilhomme :
les Robinsons de Terre-Neuve », Paris : Classiques
Garnier (Géographies du monde, 14), 2009
- Jean-François
Plamondon, « L'origine de l'île et l'isle des
origines » in, Carmelina Imbroscio, Nadia Minerva &
Patrizia Oppici (éds.), Des îles en archipel … Flottements autour du thème insulaire en hommage à Carminella Biondi, Berne : Peter Lang, 2008
- Douglas Glover, « Le pas de l'ourse », Montréal :
Éd. du Boréal, 2003 ; Paris : Points (Les Grands romans), 2005
- Paul Louis Rossi, « L'Ouest
surnaturel : les écrivains du bout des terres vers les
îles », Paris : Hatier, 1993
- Elizabeth Boyer, « A
colony of one : the history of a brave woman », Novelty
(Ohio) : Veritie press, 1983
- Arthur P. Stabler, « The
legend of Marguerite de Roberval », Seattle :
Washington State University Press, 1972
- Henri Malo, « Les
îles de l'aventure », Paris : Éd.
Pierre Roger, 1928
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| mise-à-jour : 1er septembre 2010 |

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