Aux îles de
lumière : Tahiti, Tuamotu, Marquises / Renée Hamon ;
préface [Présentation de Renée Hamon] par
Colette. - Paris : Ernest Flammarion, 1940. - 246 p. ;
19 cm.
|
COLETTE : Celle que je nomme, — et
pour cause — le « petit corsaire »,
ressemble devant moi à une pensionnaire timide. […]
Son destin est de voyager sur la mer, d'aboutir à la terre
pour reprendre la mer. Sa dure tête de Bretonne a besoin
de se polir sous le vent, et nul souffle salé n'excède
la capacité de ses petits poumons, qui ne se résignent
pas à l'atmosphère minéralisée de
Paris.
« Présentation
de René Hamon », préface aux « Iles
de Lumière »,
pp. 5-6
|
THOR HEYERDAHL : Elle était petite et délurée,
aussi énergique qu'une lionne sous ses cheveux roux et
touffus. […] Notre amitié naquit spontanément.
Mme Renée Hamon était une journaliste française,
arrivée la veille dans l'île [d'Hiva Oa]. [Elle]
était le type même de la femme pleine de vie, qui
dénouait toutes les difficultés.
« Fatu Hiva
: le Retour à la Nature », p. 209
|
Après Tahiti et les Tuamotu,
Renée Hamon découvre les Marquises, les îles
de la mort lente. Elle y constate les ravages du mal
de vivre et des maladies, et s'indigne des moyens dérisoires
mobilisés pour contrer les effets de ces fléaux
importés d'occident : D'un contact avec les Marquises,
je défie qu'un simple voyageur, comme moi, ne revienne
pas ému autant que je l'ai été. Le passant
de bonne foi rêve pour ces îles ce que je rêve
moi-même : Deux médecins, des infirmiers, des
dispensaires, une goélette munie d'un bon moteur, la création
d'un internat de garçons, la reconstruction de la léproserie
d'Hiva Oa, le rétablissement des Chefs — un
par vallée — qui surveilleraient
la fabrication clandestine du « distillé ».
Enfin, la lutte acharnée contre le moustique « propagateur
du féfé » : Débroussage
des vallées, disparition des mares stagnantes, et installation
des conduites d'eau dans les villages (p. 241).
D'avoir exprimé son émotion,
Renée Hamon ne se tient pas quitte ; dès son
retour à Paris elle alerte Georges Mandel, Ministre des
Colonies, lui présente un dossier argumenté, illustré
et … convaincant. En conclusion de son livre, elle dresse
un premier et rapide bilan :
1° - Etablissement à
demeure de deux Médecins dans les groupes Nord et Sud
des îles Marquises.
2° - Obtention du Parlement d'un crédit d'un million
pour « Premier Équipement des Iles »,
suivant le plan proposé au Ministre par le Gouverneur.
3° - Service Interinsulaire médical réalisé
selon l'intelligente conception du Docteur Hérivaux aux
Nouvelles-Hébrides.
La guerre, malheureusement, fera
obstacle à l'entière application de ces mesures.
|
| EXTRAIT |
J'ai un beau nom Marquesan. Un
peu long tout de même à porter : « Tahiaimi
Métao Koké », La princesse qui chérit
le souvenir de Koké. Pipito me l'a donné.
Elle est la femme de Kopa qui
me prête son cheval. Pipito est trop jeune pour avoir connu
Gauguin, mais sa mère fut le modèle du peintre.
Dans la case de Kopa on parle
souvent de Koké.
— Avec lui on
n'avait jamais d'ennuis. Il nous protégeait du gendarme.
Triffe aussi est un bon popaa. S'il avait été ici
du temps de Koké, le pauvre n'aurait pas eu autant de
peapea.
p. 203
|
|
COMPLÉMENT
BIBLIOGRAPHIQUE
- « Gauguin, le solitaire
du Pacifique, à Tahiti et aux îles Marquises »
préface de Robert Rey, Paris : Vigot frères,
1939
|
|
| mise-à-jour : 9 mai 2005 |

| |
|