Victoire / Joseph
Conrad ; trad. de l'anglais par Odette Lamolle ; postface
de Sylvère Monod. - Paris : Autrement, 1996. - 461 p. ;
21 cm. - (Littératures).
ISBN 2-86260-585-9
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L'archipel
exerce une fascination durable. Il n'est pas facile de se dégager
de l'envoûtement de la vie dans les îles.
Deuxième
partie, chapitre 1, p. 83
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NOTE DE L'ÉDITEUR : Derrière cette nouvelle traduction
de Conrad, cette nouvelle édition de son œuvre, deux
rencontres : la plus récente, celle de l'éditeur
avec la traductrice, Odette Lamolle. Et sa surprise devant
l'ampleur et la qualité d'un travail mené dans
l'ombre. Et, loin dans le passé, au début des années
30, le coup de foudre de la jeune fille d'alors pour « Lord
Jim », son ravissement porté de livre en livre
par les destins obscurs des héros conradiens, les Almayer,
Lingard, Leggatt, Marlow, Falk … Plus de soixante ans
après, l'émotion est intacte, l'intimité
avec l'œuvre a mûri, le rêve a pris forme :
traduire maintenant dans un élan continu, l'ensemble de
l'œuvre pour en garder le ton, la musique, le mystère.
Henry Dougier
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SYLVÈRE MONOD : […]
Le titre du roman […] pourrait
sembler dicté par l'histoire en cours. Conrad l'a toujours
nié, avec raison, puisqu'il l'avait inscrit sur son manuscrit
avant le début du conflit. Que signifie ce titre, quand
l'échec semble total ? Un personnage croit à
sa victoire, et c'est le plus pur, le plus sûr de tous.
Lena, comme la Tess de Hardy, pourrait en effet être dite
« a pure woman », fût-ce par
manière de défi lancé aux préjugés
victoriens selon lesquels elle « vit dans le péché »
avec son amant et protecteur Heyst. Mais elle l'aime, elle veut
le protéger à son tour. Et le texte le dit, quand
elle s'est emparée du redoutable couteau de Ricardo, Lena
est persuadée qu'elle a privé la mort de son aiguillon
et de sa victoire (allusion transparente à saint Paul,
I Co. XV, 15). Elle a donc vaincu un ennemi dangereux ;
ella a vaincu ses propres craintes ; elle a vaincu les réserves
et la pudibonderie d'Axel Heyst ; elle l'a converti (ou
presque) de sa philosophie du détachement à un
idéal d'amour et de confiance. Aux yeux du monde, cette
victoire est dérisoire puisque Lena la paie de sa propre
vie et entraîne dans la mort l'homme qu'elle aime. Mais
Conrad nous dit en somme qu'une victoire morale ne peut pas,
ne doit pas être sous-estimée.
À propos de …
Victoire, p. 445
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JOSEPH CONRAD : Lena — Lorsque vint l'heure
de sa rencontre avec Heyst, je sentis qu'elle devrait montrer
un héroïsme à l'épreuve de tous les
aléas d'un futur incertain et plein de périls.
J'en fus tellement convaincu que je la laissai partir avec Heyst,
je ne dirai pas sans un serrement de cœur, mais certainement
sans inquiétude. Et dans l'optique de sa fin triomphante,
qu'aurais-je pu faire de plus pour sa réhabilitation et
son bonheur ?
Au lecteur, p. 14
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COMPLÉMENT
BIBLIOGRAPHIQUE
- « Victory : an island tale », London : Methuen, 1915
- « Une victoire »
trad. d'Isabelle Rivière et Philippe Neel, Paris :
10/18 (Domaine étranger, 2707), 1996
- « Une victoire »
trad. de Paul Le Moal et Sylvère Monod, Paris : Gallimard
(Folio classique, 3983), 2004
- « Jeunesse »,
Paris : Gallimard (Folio, 3743), 2002
- « Le compagnon secret / The secret sharer », Paris : Gallimard (Folio bilingue, 127), 2005
- « Le Tremolino », in Le miroir de la mer, Paris : Gallimard (Folio classique, 4760), 2008
- « Karain : un souvenir », Paris : Autrement, 1996
- « Souvenirs personnels », Paris : Autrement, 2012
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| mise-à-jour : 4 juillet 2012 |

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