Chroniques marquisiennes :
la philosophie du rivage / Florian Aguillon. - Paris : L'Harmattan,
1997. - 225 p. ; 22 cm.
ISBN 2-7384-5460-7
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NOTE DE L'AUTEUR : Marquises est le nom qu'un
marin espagnol aux ordres de son roi donna à ces îles
il y a 500 ans. Leur nom vernaculaire : Te Henua Henana,
la terre des hommes, tout simplement. Mais, mis à part
le célèbre petit cimetière d'Atuona, que
connaît-on de ces îles ?
A première vue, derrière
les hautes falaises noires, des vallées endormies au bord
de l'équateur, un désert dans le désert
bleu du Pacifique. Entre l'infini qu'ils ne franchissent plus
et le présent qui piétine et s'enroule sur lui-même,
de la montagne au rivage, quelle alternative pour le peuple marquisien
qui s'éveille d'un mauvais rêve ?
Et pourquoi aller s'y perdre ?
Quand le connu ne répond pas aux attentes, que choisir
d'autre, à 20 ans, que l'inconnu ? Il n'y a pas de
but de voyage, le but c'est le chemin. Mon chemin passait par
là. Passait par l'autre le plus lointain, si différent,
si semblable.
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TAHITI
PACIFIQUE MAGAZINE,
n° 86, juin 1998 : D'expériences exaltantes en
souffrances, d'illuminations nocturnes en incompréhensions
humaines, le narrateur protagoniste vivra et revivra toutes les
robinsonnades de nos utopies pour, à chaque fois, donner
plus de poids à la déraison. Mais les chroniques
marquisiennes, pour n'être pas un journal ethno, nous
délivrent aussi quelques témoignages savoureux
que tous les amoureux des Marquises sauront apprécier
à sa juste valeur.
Louis Cruchet
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| EXTRAIT |
Il faudrait aborder les Marquises
— et toutes les îles de notre enfance —
comme aux temps anciens, ayant dormi mille nuits dans l'ourlet
des vagues, combattu mille frayeurs et venant de si loin que
la mémoire n'aurait conservé du passé que
l'image d'un instant entre ciel et eau, et le corps l'empreinte
du bercement originel. A l'approche de cette terre primitive
jetée dans la lumière du monde, devant Fatu-Hiva
porte de l'archipel, il n'y aurait ni fausse langueur, ni symphonie,
il n'y aurait qu'une merveilleuse fatigue dénuée
de toute attente et une parfaite vision de la réalité
présente. Quand la beauté devient facile …
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| mise-à-jour : 9 mai 2005 |

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